jeudi 9 décembre 2010

En France, le ministre de l'éducation nationale reprend les slogans des vendeurs de TBI et cite leurs recherches !

Jeudi 25 novembre, le ministre français Luc Chatel présentait à la presse son "Plan de développement des usages du numérique à l'École" et annonçait que "l'avenir de l'école ne s'écrit pas à la craie".

Pour justifier cette affirmation,  il relevait l'importance des usages dans la société et l'efficacité scolaire du numérique:"L'utilisation des TIC est devenue incontournable parce qu'elle permet d'améliorer les résultats des élèves comme le montrent les études sur le sujet, celles de l'OCDE, de la commission européenne, et de chercheurs renommés comme Robert Marzano qui a montré que l'utilisation du TBI améliore de 16% les résultats des élèves".

Cité comme une référence par le ministre, Robert Marzano ne fait pas partie de la communauté scientifique dans le domaine sciences de l'éducation. Il dirige une entreprise commerciale qui réalise, sur mandat, des études dans le domaine éducatif . Son ouvrage " Final report on the evaluation of the Promethean technology" a été subventionné par la marque Promethean.
Il ne s’agit pas d’un rapport ayant fait l’objet d’une évaluation par les pairs conformément aux critères habituels de la recherche scientifique.  Le contexte de réalisation de l'étude suscite même des interrogations importantes et des critiques très vives ont été émises lors de la sortie du rapport, par exemple l'analyse méthodologique de Jonathan Becker de la VCU School of Education.


Plus généralement, s’agissant d’un plan tourné vers l’avenir, ne conviendrait-il pas précisément de s’interroger sur celui, à terme, de ces outils hybrides que sont les TBI ?
  • Les TBI, qui ont accompagné la spectaculaire croissance des usages des TICE en Angleterre et fait les beaux jours de leurs fabricants, auront-ils bientôt fait leur temps ?
  • Quel est leur potentiel futur face à l’arrivée de nouveaux outils personnels comme les tablettes ?

Tiré d'une interview d'Alain Chaptal par François Jarraud.

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